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« J’aime ma femme mais je ne peux pas m’empêcher d’aller voir ailleurs » : comment devient-on infidèle ?

Être fidèle, c’est respecter l’engagement pris envers l’autre de lui être exclusivement attaché. Mais personne n’est faillible : comment peut-on être amené à tromper son partenaire ? Faut-il absolument qu’il y ait passage à l’acte pour considérer qu’il y a trahison ? Alors, pourquoi passe-on à l’acte ? Pourquoi cède-on aux amours que Jean-Paul Sartre qualifiait de « nécessaires ou contingentes » ? Chez certains, le besoin d’aller voir ailleurs se révèle manifestement irrésistible : « Je suis très amoureux de ma copine, mais dès que l’occasion se présente, j’ai du mal à résister, je me donne assez facilement, j’ai toujours été comme cela », confesse Vincent, 28 ans, sur un forum de discussion. Et ce ne sont pas les nombreuses sollicitations inhérentes à l’époque (applis de rencontre etc.) qui vont l’aider à résister.

Anne, 32 ans, affirme de son côté « ne pas être sûre que l’on devienne infidèle par choix » et pense plutôt que « cela nous tombe dessus, au détour d’un chemin ». A-t-elle raison de rappeler que nous sommes tous faillibles ? Pour le sexologue Patrick Papazian, cette infidélité par opportunisme « arrive très souvent, surtout lorsque l’on se retrouve loin de chez soi » : « On a un peu bu et, crac, le passage à l’acte non-prémédité a lieu. Les séminaires d’entreprise sont d’ailleurs de gros pourvoyeurs de ce type de situation. » Toujours selon l’étude IFOP, d’après laquelle l’identité de l’amant(e) avec qui les infidèles ont eu un rapport sexuel se révèle être un ou une inconnu(e) à 50%, un(e) ami(e) à 45% ou un(e) collègue de travail à 36%, 18% des infidèles ont d’ailleurs trouvé un partenaire sexuel lors d’un séminaire, un colloque ou salon professionnel (soit plus que sur une appli de rencontre, à 17%).

Certes, mais au-delà du contexte, de l’éloignement et de l’ivresse, pourquoi cède-on ? « C’est tout simplement la spontanéité d’une pulsion sexuelle que l’on n’arrive pas à réprimer, et elle n’interroge pas forcément la solidité de son couple », nous répond le sexologue. Une incartade à distinguer d’une autre forme d’infidélité, celle de la liaison durable :  « On a un amant ou une maîtresse et une vraie ‘double vie’ pendant, parfois, de nombreuses années. »

Prouver que l’on peut encore séduire

Le sexologue remarque qu’avec l’intrusion du virtuel dans le couple, une autre forme d’infidélité non-consommée a émané ces dernières années, celle des échanges sentimentaux ou des SMS torrides en dehors du couple : « Ces sentiments très forts que l’on exprime à une tierce personne interrogent la possibilité pour les deux partenaires « légitimes » de continuer ensemble, affirme-t-il. Cette quête émotionnelle met à nu la fragilité du couple, même en l’absence de passage à l’acte. »

Selon lui, l’infidélité reste « une affaire de couple », qui ne concerne que le couple en soi, jusque dans sa manière de fonctionner : « Aussi étonnant que cela puisse paraître, beaucoup de couples ne fixent pas d’emblée les règles du jeu et passent progressivement de la fréquentation non-exclusive (quelques soirs par semaine, chacun ayant son « chez soi ») au statut « couple » sans clairement énoncer les règles. Le mot fidélité fait son apparition à la mairie si le couple se marie, puisque la notion est évoquée par le code civil. Mais dans les faits, il reste important pour un couple d’aborder très tôt le sujet et de décider si, oui ou non, il y a fidélité sexuelle. » Soit l’expérience que relate Sina, 23 ans, sur un forum de discussion : « Je suis en couple depuis 20 ans avec un homme un peu volage. Il y a 10 ans, il a eu une relation extra-conjugale de quelques mois. À ce moment-là, je l’ai très mal vécu; mais en y réfléchissant bien, nous étions complices et nous nous aimions encore. Alors, je lui ai proposé de devenir un coupe libre, parce que j’avais moi aussi envie de nouvelles expériences. »

En somme, la fidélité étant une valeur, une infidélité dépend des principes édictés par le couple et s’impose comme une réponse à tout un éventail de causes, de la satisfaction d’une pulsion éphémère à la révélation d’un dysfonctionnement profond du couple… en passant par le besoin très fréquent de se « renarcissiser », selon Patrick Papazian : prouver que l’on peut encore séduire autrui, dans un contexte de crise existentielle à la quarantaine par exemple.

Source : lci.fr




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