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Jacob Zuma s’invite dans le débat sur l’indépendance de la banque centrale sud-africaine


Le débat autour de l’indépendance et du rôle de la South African Reserve Bank, la banque centrale sud-africaine, a pris une nouvelle ampleur cette semaine, avec la découverte de l’implication du président dans le dossier.

La banque centrale sud-africaine a accusé cette semaine la médiatrice publique Busisiwe Mkhwebane de partialité et de participation à une campagne de sape de son indépendance, après avoir découvert que cette dernière avait tenu une réunion secrète avec les avocats du président Jacob Zuma avant de proposer un changement de mandat de l’institution bancaire, rapporte Bloomberg.

Depuis trois mois, la banque est attaquée sur deux fronts : la définition exacte de son mandat, d’une part, et son éventuelle nationalisation, de l’autre.

Double offensive : modification du mandat et nationalisation

En juin, un rapport de la médiatrice de la République, Busisiwe Mkhwebane, avait appelé à un élargissement du mandat de la banque centrale pour « promouvoir une croissance économique équilibrée et soutenable dans la République, tout en s’assurant que le bien-être socio-économique des citoyens soit protégé ».

Un changement qui permettrait à l’institution, dont le rôle actuel est de contrôler l’inflation et la monnaie, de mener des politiques de relance de la croissance. Suite à cette annonce, le rand avait chuté de 2,2% en deux jours.

Le mois suivant, l’African National Congress (ANC), le parti au pouvoir, avait proposé une nationalisation de la banque centrale, pour l’instant détenue par un actionnariat privé. Si cette nationalisation est ratifiée lors de la prochaine conférence électorale de l’ANC, en décembre prochain, le Parlement, où le parti au pouvoir détient 62% des sièges, pourra modifier le South African Reserve Bank Act.

Pour rappel, la banque centrale est détenue par plus de 660 actionnaires privées. Aucun n’actionnaire ne peut détenir plus de 10 000 actions, sur un total de 2 millions.

Busisiwe Mkhwebane a reconnu, jeudi, avoir rencontré le président avant la publication de son rapport, mais a nié avoir discuté du mandat de la banque centrale lors de cette rencontre. Si elle n’était, pour l’heure, pas en mesure d’expliquer pourquoi cette réunion était restée secrète, son cabinet prévoit de fournir une déclaration sous serment fin octobre.

Problème de timing

Si l’idée d’une banque centrale détenue par l’État n’a rien d’exceptionnelle, « le problème est le timing » a déclaré cette semaine l’analyste principal de Moody’s Investor Service pour l’Afrique du Sud, Zuzana Brixiova. « Les deux débats ont surgi au même moment, dans le courant des élections des dirigeants de l’ANC et, plus largement, des élections de 2019. »

Moody’s est la seule des trois grandes agences de notation à n’avoir pas dégradé la note souveraine du pays en catégorie « spéculative ».

Une note de Citi Research publiée le 5 juillet dernier estimait que le timing rapproché des deux propositions sapait la confiance des investisseurs, malgré les commentaires du chef de la transformation de l’ANC, Enoch Godongwana, qui a qualifié le mandat de la Sarb de « sacro-saint » et qui a estimé que le gouvernement n’avait pas la marge budgétaire suffisante pour acheter des parts de la banque centrale.

Citi Research avertissait que, tant que la situation ne sera pas clarifiée, ce degré d’incertitude politique risque d’entraver la confiance des marchés et freiner l’investissement.

Jeune Afrique




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